Incendies : L’État soutient l’activité partielle des TPE et PME, tandis que les professionnels demeurent en attente…

Incendies : L’État soutient l’activité partielle des TPE et PME, tandis que les professionnels demeurent en attente…

Depuis le 15 août 2026, l’État prend en charge l’intégralité des indemnités d’activité partielle pour les TPE et PME situées dans les zones évacuées de Gironde, des Landes et du Var. Une annonce attendue après des semaines de feux dévastateurs. Si les professionnels saluent ce premier soutien, beaucoup attendent des mesures complémentaires face aux pertes d’exploitation.

Incendies : l’activité partielle intégralement financée par l’État

Le décret publié le 15 août 2026 institue une aide exceptionnelle et temporaire en faveur des entreprises de moins de 250 salariés. Les employeurs concernés n’ont plus aucun reste à charge lorsqu’ils versent des indemnités d’activité partielle à leurs salariés.

La mesure couvre les heures chômées entre le 20 juillet et le 30 août 2026. Elle s’adresse aux salariés évacués en Gironde, dans les Landes et dans le Var. L’objectif est clair : maintenir les emplois et les compétences dans les territoires sinistrés.

Conditions pour bénéficier de l'aide de l'État
  • Être une TPE ou PME de moins de 250 salariés

    La taille de l'entreprise est le premier critère.

  • Être situé dans une zone évacuée

    Seuls la Gironde, les Landes et le Var sont concernés.

  • Avoir placé des salariés en activité partielle

    Entre le 20 juillet et le 30 août 2026.

  • Transmettre la demande à la DREETS

    Via l'unité départementale de son territoire.

  • Ne rien avancer à l'employeur

    L'État rembourse 100 % des indemnités.

Un remboursement total pour les employeurs concernés

Concrètement, l’employeur n’avance plus les indemnités d’activité partielle. L’État les rembourse à 100 %. Le reste à charge, d’ordinaire supporté par l’entreprise, disparaît. Une bouffée d’oxygène pour des TPE qui subissent de plein fouet la baisse d’activité.

Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des mesures de gestion de crise déjà engagées. Il complète d’autres outils : report des échéances sociales, dégrèvement de la cotisation foncière des entreprises, ou encore activation du fonds de solidarité.

Quelles conditions pour bénéficier du soutien de l’État ?

Les entreprises doivent remplir plusieurs critères pour accéder à cette aide financière. Voici les principales conditions :

  • 📋 Être une TPE ou PME de moins de 250 salariés
  • 📍 Être située dans une zone évacuée en Gironde, dans les Landes ou dans le Var
  • 🗓️ Avoir placé des salariés en activité partielle entre le 20 juillet et le 30 août 2026
  • 📄 Transmettre une demande à l’unité départementale de la DREETS

Les entreprises forestières du massif des Landes ont été parmi les premières à mobiliser ce dispositif. Les exploitants, dont l’activité dépend directement des parcelles incendiées, font face à une chute brutale de leurs contrats.

TPE et PME en attente de mesures complémentaires

Malgré ce premier signe positif, les professionnels restent sur leur faim. Michel Bazin, représentant des entrepreneurs de travaux forestiers en Nouvelle-Aquitaine, qualifie la mesure de « bon signal ». Il précise aussitôt que l’activité partielle ne couvre pas tout.

« Tout l’impact des incendies ne se mesure pas à une activité partielle. Il y aura automatiquement des pertes d’exploitation », explique-t-il. Dans les entreprises forestières, ces pertes peuvent atteindre entre 1 500 et 3 000 euros par jour.

Un périmètre jugé trop restreint par les professionnels

Autre point de friction : le zonage du dispositif. Seules les entreprises situées dans les départements officiellement évacués bénéficient de l’aide. Une exclusion incompréhensible pour les sociétés voisines.

« Quid des entreprises qui sont à la limite de la Gironde, dans le Lot-et-Garonne ? Elles ont été impactées de la même façon et ne bénéficieront pas de ça », s’interroge Michel Bazin. Cette limite territoriale laisse de côté des dizaines de structures.

Les campings landais dans l’impasse

Le secteur de l’hôtellerie de plein air, lui, se sent oublié. Guillaume Gruat, président du syndicat départemental de l’hôtellerie de plein air des Landes, décrit une situation critique. Car la plupart des campings ne peuvent pas prétendre à l’activité partielle.

« Nous avons été évacués, puis réouverts. Le personnel a rattrapé ses heures. Mais nous avons perdu environ 20 % de notre chiffre d’affaires annuel », confie-t-il. Le manque à gagner est considérable pour des établissements qui vivent de la saison estivale.

« On n’a pas fait nos sous cet été. Beaucoup de nos collègues ne finiront pas l’hiver », regrette Guillaume Gruat. Il réclame une prise en charge des pertes d’exploitation pour les campings évacués. Sans cette aide, plusieurs pourraient fermer définitivement.

Un dispositif appelé à évoluer rapidement

Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, défend une mesure « exceptionnelle ». L’État et l’Unédic partagent le coût de l’indemnisation. La priorité est de préserver les emplois et les compétences dans les zones sinistrées.

Mais la pression monte sur le gouvernement. Les élus locaux, les chambres de commerce et d’industrie et les syndicats professionnels demandent une extension du périmètre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu se rend en Gironde le lundi 17 août. Cette visite pourrait être l’occasion d’annonces complémentaires.

L’aide exceptionnelle actuelle ne résout pas tout. Les pertes d'exploitation restent le principal angle mort du dispositif. Les entreprises forestières, les campings et d’autres acteurs attendent une réponse plus large. La gestion de crise passe désormais par une étape de reconstruction économique.

Le décret du 15 août 2026 reste un premier filet de sécurité. Il permet de traverser la période d’urgence. Mais pour les professionnels, c’est avant tout un point de départ. L’attente est longue, et les besoins demeurent immenses.

Les questions que la mesure soulève

Quand faut-il faire la demande pour toucher cette aide ?

La demande doit être transmise à l'unité départementale de la DREETS pour les heures chômées entre le 20 juillet et le 30 août 2026. Il faut se dépêcher, le dispositif est temporaire.

Ma petite entreprise est dans le Lot-et-Garonne, juste à côté de la Gironde. Je suis éligible ?

Le zonage est limité aux zones évacuées en Gironde, dans les Landes et dans le Var. Les départements voisins sont exclus, même si l'impact est identique.

Les campings peuvent-ils vraiment en profiter ?

La plupart des campings ne peuvent pas y prétendre car le personnel a rattrapé ses heures après la réouverture. Ils subissent pourtant une perte d'exploitation de 20 % du chiffre d'affaires annuel.

Qui paie l'indemnité d'activité partielle dans ce dispositif ?

L'État prend en charge 100 % des indemnités. L'employeur n'avance plus rien, le reste à charge disparaît.

Une autre méthode à recommander ? On est preneurs

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5 commentaires

  1. Soutien essentiel. Après l’urgence, accélérons sur la prévention des risques et l’économie circulaire pour reconstruire mieux.

  2. Les entreprises sont aidées, mais quid des structures de santé et du personnel épuisé dans les zones sinistrées?

  3. Merci Marceau pour ces précisions. En tant que gérant de TPE, c’est un soulagement, mais il faudra des aides pour reconstruire.

  4. Enfin une mesure qui protège nos producteurs et nos terroirs. Merci Marceau pour cette info précieuse.

  5. Un reste à charge nul est un progrès, mais les pertes d’exploitation restent le vrai vide juridique à combler.

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